De l’absolue nécéssité de nous réapproprier notre transcendance intérieure !

Quand je dis qu’il nous faudra nous réapproprier notre monde intérieur, notre« transcendance intérieure », pour que le collectif en profite pleinement, je relisais un article posté sur mon blog https://plus.google.com/+PatriceSanchezmonodyss%C3%A9esouslesoleildezarathoustra/posts

 » Günter Anders montre l’inanité de la différence public/privé à l’ère des médias : pour exemple le juke box dans les bars américains, la laisse acoustique de la radio, les bruits extérieurs pénètrent plus que jamais au cœur du chez soi, une sorte de servitude volontaire s’est installée où nous acceptons d’être livrés au monde. Il juge « totalitaire » cette immixtion des médias dans les vies, abolissant ce « discretum », cette réserve insulaire que forme l’individuation, grande conquête de la modernité. La perte de la « transcendance intérieure » fait que la mouchardisation de la société va se faire de plus en plus prégnante, le totalitarisme, même jugé doux, est bien un fait technique et non politique. La technique tend à vouloir être plus grande qu’elle-même, à faire de l’homme un rouage de son fonctionnement et si rarement un grain de sable. D’où le succès d’un vocable comme celui de « service », d’une économie de services où chaque être se met non pas au service des autres mais des produits qu’il faut vendre et consommer (la figure du commercial, du consultant). »

C’est de cette réserve insulaire que forme l’individuation dont les maîtres de l’immonde veulent nous faire oublier l’existence, par la technologie à outrance et bientôt par l’homme modifié cher aux transinhumanistes, bien au contraire, il nous faudra faire une transhumance vers notre humanité, un retour vers nos racines profondes, comme je l’ai fait avec ma méthode psychologique globale d’inspiration nietszchéenne, et une approche quantique peut nous aider dans cette quête, il suffit de lire ce que déclare le joueur de rugby Johnny Wilkinson !
http://www.lemonde.fr/sport/article/2014/05/23/la-physique-quantique-a-sauve-wilkinson-de-la-depression_4424298_3242.html

Dans ma théorie, je l’appelle relativisation par delà bien et mal, il faut prendre conscience que notre monde est gouverné par ces particules élémentaires créatrices de réalité par delà bien et mal, ce qui implique automatiquement une remise à niveau de notre égo qui voudrait tout contrôler, un recentrement de notre être dans l »ordre global du monde,
et ce recentrement se fait par la cogitation, la reflexion, il nous faut nous réapproprier nos pensées, pensées qui avec la complicité de nos particules particuliéres,  qui sont  simultanément et synchroniquement collectives du fait qu’elles peuvent être ici et partout à la fois, peuvent se révéler d’une infinie bienveillance à notre égard, et ainsi elles seront en mesure de nous faire accomplir des prodiges, c’est d’ailleurs ce que redoutent les infâmes pourritures tapies dans l’ombre, nous manipulant et tirant les ficelles pour nous asservir totalement, faisant progressivement de nous des zombies !

Imaginez des millions de cerveaux libérés de cette camisole politico-merdiatique ???

Moins

Peu de livres dont l’ambition est de saisir le sens de leur époque accèdent à la postérité. Le temps contredit aisément leurs hypothèses. Le ridicule peut même les tuer si, comme les ouvrages de Günther Anders (1902-1992), ils ne connaissent qu’une traduction plus que posthume. Pourtant, voilà le second tome de son ouvrage magistral (le premier, Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle, 1956, avait été publié aux éditions de l’Encyclopédie des nuisances en 2002, 361 p.) qui recèle véritablement à chaque page une idée nous concernant. Lui qui n’a connu ni la révolution de l’internet et des réseaux ni celle du téléphone portable… aide à reprendre l’approche critique des ruptures techniques qui ont scandé l’époque contemporaine. Paru en 1980, ce livre resurgit non pas pour nous inquiéter à nouveau – les actualités de la catastrophe de Fukushima ou de la guerre interminable en Afghanistan le font assez – mais pour saisir ce qui a été radicalement modifié dans la condition humaine. À savoir que celle-ci est désormais affectée d’un important coefficient d’obsolescence et se voit livrée dans une large mesure à ses moyens et produits techniques.

Moins

A l’impossible nul n’est tenu !

Je me permettrais d’extraire le quatrième tiroir de mon Odyssée sur ma nouvelle vie cogitative que j’expérimente depuis quelques années déjà, vous pourrez constater qu’à l’impossible nul n’est tenu, et plus que tout autre chose, que la possibilité d’un nouveau modéle de pensée qui nous libérerait du carcan que l’on nous impose n’est pas une utopie, il faut simplement s’en donner la peine et le vouloir collectivement !
Après tout, qui ne tente rien n’a rien, en une période où toutes nos fausses illusions s’écroulent et disparaissent tels des mirages, il serait grand temps que les humains se réapproprient leurs pensées pour qu’ainsi, ils redécouvrent leurs infinies possibilités créatrices !

 

MA NOUVELLE VIE COGITATIVE

J’avais envoyé, fin 2013, mon Odyssée à une maison d’édition parisienne, sans grande conviction mais par acquis de conscience. Sait-on jamais ? Deux mois plus tard, j’avais reçu une lettre me disant que mon récit avait été retenu et que le comité de lecture se réunirait pour prendre une décision quant à son éventuelle édition. Mais, après trois semaines d’attente, attente assez éprouvante je dois l’avouer, je reçus une réponse négative. Déception égotique certaine, tempérée cependant par la fierté d’avoir été sélectionné pour un examen en comité de lecture. Car, renseignements pris, j’avais appris qu’en règle générale, les éditeurs ne retiennent qu’un manuscrit sur mille envoyés par voie postale. Je m’étais résigné à ce que cette expérience d’écriture n’ait été au final qu’une belle aventure intellectuelle de presque une année. Un an et demi s’est écoulé depuis et je me sens prêt désormais et plus déterminé encore à délivrer mon message d’espoir revisité et enrichi. Je sais bien que les hommes sont pris dans un cercle vicieux duquel ils ne peuvent se dépêtrer et que, sans mon AVC, j’aurais fait comme les copains, j’aurais mené une existence aux mille occupations chronophages sans me poser trop de questions. Mais la destinée en a voulu autrement, et je me fais un devoir moral de délivrer mon témoignage au risque pour certains lecteurs d’avoir le tissu conjonctif oculaire irrité par mes mots. C’est que l’épisode pathétique du refus de mon manuscrit se situait avant ; avant que j’aie mûri ma réflexion, affûté ma
pensée grâce à mes innombrables lectures. Et, maintenant que toutes les pièces de la partie d’échecs de mon existence – pièces qui étaient comme entreposées dans le désordre, en attente, profondément enfouies dans un coin de mon cerveau – se sont mises définitivement en place, l’heure est venue pour moi de sortir de mon silence tel un Zarathoustra des temps modernes descendant de son promontoire azuréen. Désormais, mon inséparable ami facétieux, séparé par la force des événements de son angiome qui le tourmentait si abominablement, mon coauteur de cerveau, s’est mis dans Ma tête de réaliser une synthèse de cette réflexion qui a pris des années pour mûrir et d’en extraire la substantifique moelle. Et il m’a chargé de délivrer sa bonne parole. C’est qu’il se prendrait pour un grand Manitou ! En effet, je n’avais pas, moi, prévu d’ajouter à mon texte toutes les considérations qui vont suivre sur mes lectures et les leçons que j’en ai tirées. C’est lui qui – il y a bientôt un mois, date à laquelle j’ai entrepris de reprendre mon histoire, de la remanier à la façon d’un monologue, de remettre inlassablement mon ouvrage sur le métier – c’est donc lui, l’autre là, au-dessus, qui m’a suggéré, ou plutôt doucement mais fermement contraint, de faire part de ses réflexions ; réflexions qui sont aussi les miennes, je signale au passage. Puisque j’en viens à évoquer les processus de création de mon cerveau, je pense à ces écrivains qui ont recours à des substances addictives de toutes sortes pour être plus productifs. Pour ce qui me concerne, les décharges épileptiques foudroyantes qui m’avaient laissé raide et pantelant dès l’adolescence m’auront dissuadé à vie de tenter l’expérimentation des paradis artificiels. En revanche, au fur et à mesure que j’apprenais à mieux connaître le fonction- nement de mon cerveau, que j’apprivoisais mes cycles du sommeil, que je laissais mon esprit vagabond baguenauder à 123
longueur de journée au gré de ses envies, tandis que la nuit portait conseil à propos de mes pensées diurnes, il me suffisait au réveil, pour qu’il ne me harcèle plus l’esprit, de récolter les informations que « mon si fidèle Autre » ne manquait pas de venir me chuchoter quand j’avais un travail d’écriture important à effectuer, ou un souci à coucher sur le papier. Eh bien je puis vous assurer que je suis parvenu à une connaissance très claire de mon corps, de mon cerveau et que j’ai atteint un bien être général inouï, et cela avec pour seules et uniques béquilles, ma liberté de pensée et les volutes de fumée de mes pipes ou de mes cigares. Connais-toi toi-même prend tout son sens, n’est-il pas ? Me revoilà donc fidèle au poste – Sisyphe de l’apocalypse cérébrale, Ulysse de la fin du temps des haricots – une fois encore derrière mon clavier à vous délivrer mon message après que l’Autre, l’Arsouille, est entré en transe hier matin et que je n’ai eu d’autre choix que de le laisser guider. Je ne dors guère plus de quatre heures par nuit tant il mouline le grain que je lui donne à moudre. Il doit produire tant de substances euphorisantes, le bougre, que je ne ressens pas du tout la fatigue. Et je lui laisse toute latitude, je lui abandonne la godille, je le laisse seul maître à bord, pour qu’il puisse s’ébrouer, donner sa pleine mesure, s’exprimer en toute liberté.
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Il y avait eu beaucoup trop de coïncidences heureuses dans mon existence pour que je les attribue au seul hasard, à la seule chance, à ces entités bien mystérieuses que désignent les mots fourre-tout de « destin » et « karma ». Que dire de ce contraste entre la première partie de cette vie, avec mon inexorable descente aux enfers et la période actuelle où je
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continue mon ascension vers mon paradis intérieur ? Et que dire de tous les événements survenus dans mon parcours de vie depuis ma renaissance, de ces coïncidences étranges, ces « synchronicités »32 qui se jouent de moi ? J’ai l’impression que ma vie se déroule comme en une partition écrite sur du papier à musique, et sans que j’aie réellement à prendre des décisions, celles-ci s’imposent à moi tout naturellement et pour mon immense bonheur en définitive, par-delà toutes les souffrances que j’ai pu endurer. J’en tiens pour preuve la régularité et la constance de ces « synchronicités » avec lesquelles j’ai pu, quatre années durant, enchaîner les rencontres avec mes dulcinées ; régularité et constance qui forçaient même l’admiration et l’envie de mes partenaires de club d’échecs. Et, malgré tout le mal que je peux penser d’Internet, je dois reconnaître ici que ces sites de rencontres m’ont sacrément aidé à m’épanouir dans ma vie amoureuse. C’est que, faut-il le rappeler, pendant ces années j’étais encore dépendant pour mes déplacements, je n’avais d’autre choix que de déployer des trésors de charme sur Internet afin d’obtenir un premier rendez-vous et ainsi m’échapper, m’évader de la geôle dorée des quatre murs de ma garçonnière sise rue Albert-Camus à Saint-Laurent-du-Var. Rétrospectivement j’ai encore du mal à croire que j’ai réussi à séduire, à aimer avec passion toutes ces femmes plus sensationnelles les unes que les autres. Je donne un nouvel exemple de ces « synchronicités » : voilà trois ans, comme je descendais du tramway à Nice, mon pied droit s’était trouvé coincé entre le quai et la rame à la 32. J’emprunte ce terme à C. G. Jung qui s’est beaucoup interrogé sur ces surprenantes concomitances, ces « pétrifiantes coïnci- dences » (André Breton, Nadja) et veut y voir la manifestation d’un ordre caché, mystérieux, de la nature.
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faveur d’une bousculade. Face à l’urgence de la situation, un voyageur n’a eu d’autre possibilité, pour me libérer la jambe, que de me tordre le genou occasionnant par là une fracture du plateau tibial. Mais dans mon malheur, j’ai eu la chance de tomber entre les mains d’un excellent chirurgien, si bien qu’après une période d’immobilisation de plus de deux mois et sans que j’aie eu besoin de séances de kiné., je refaisais mes premiers pas sans douleurs. Cette fracture aura eu le mérite – et c’est là que le malheur s’est avéré bon pour moi – de me guérir définitivement des séquelles d’une algo- neurodystrophie, affection que j’avais contractée sept années auparavant à la suite d’une foulure du gros orteil et qui est une abominable guigne car, outre qu’elle modifie le métabolisme du membre, elle provoque de terribles souffrances. Et je sais de quoi je parle quand je dis « souffrances » ! Je peux affirmer, sans me vanter que j’ai de l’expérience en ce domaine, que j’ai largement payé ma part de cotisation en matière de douleur, écot fort heureusement toujours remboursé par la sécurité sociale, soit dit en passant (mais en ne trépassant pas). Ainsi, tout malheur finit par m’être bon, et cela je ne peux pas n’y voir que des heureux coups du sort. Et, comme je ne crois pas non plus qu’il y ait là des interventions providentielles d’un dieu mystérieux, je ne peux l’interpréter qu’en y voyant un effet de mon état d’esprit foncièrement positif, joyeux, de ma relativisation dans l’adversité encore et toujours, relativisation qui me permet de prendre de la distance par rapport à ce qui m’arrive et donc de surmonter les obstacles plus aisément. Tout cela me laissait perplexe, je restais longtemps sur ma faim de comprendre. Comment est-ce possible ? Comment mon humeur peut-elle changer ma destinée ? La chose restait assez mystérieuse.
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La première réponse à ces questions m’est venue d’un article de Russell Means – un Indien d’Amérique du nord, activiste politique et acteur de cinéma – qui m’a le premier ouvert les yeux sur la cause profonde de ces incessantes coïncidences heureuses qui ont émaillé mon parcours de vie, notamment ces dernières années. Et j’en ai trouvé une explication plus précisément dans cette phrase dont je recopie des extraits : « L’univers qui contrôle toute vie a un équilibre […]. Cet équilibre […] doit devenir le facteur déterminant dans toutes les décisions que chacun prend […]. Une fois que l’équilibre est devenu une partie intégrante de la vie de chacun, toute planification, recherche, action directe et suivie devient une suite logique. Les buts ciblés deviennent des réalités de manière consistante. De bonnes choses arrivent aux bonnes personnes […]. »33. Eurêka ! Tout devient soudain beaucoup plus clair. Tout vient à point à qui sait attendre. J’ai atteint l’équilibre. J’ai la réponse à mes questionnements. Dorénavant je n’aurai plus à m’interroger sur les innombrables coïncidences qui vont se multipliant ces temps derniers, pas plus que sur la facilité avec laquelle mon projet d’écriture se déroule comme une improvisation de musique de jazz, fruit d’un merveilleux duo joué avec mon compère Cerveau. Qui s’efforce d’appréhender l’univers dans sa globalité et sa diversité parvient à comprendre que tout finit par nous réussir quand notre action s’inscrit dans le juste devenir équilibré du monde. Cela peut, de prime abord, sembler au- dessus de nos capacités d’entendement. Mais, quand on 33. Mitakuye Oyasin (Nous sommes tous inter-reliés). L’expression, qui est une salutation chez les sioux Lakota, signifie plus précisément, d’abord « au nom de toute ma parenté » ; mais cette parenté, c’est immédiatement, toute la nature dans laquelle tout est relié.
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découvre progressivement, au fil du temps et des événements de la vie, qu’on a tous les solutions en soi, il suffit alors de se laisser guider par sa voix intérieure et son ouverture de conscience, son étoile personnelle, en gardant toujours bien présent à l’esprit que cet univers obéit à des principes simples, le bien, l’amour, la vérité ; cela bien intégré, le temps, qui fait bien les choses, sera notre allié. Nous avons notre devenir entre nos mains, nous pouvons être maîtres de notre destin. Insérons nous, par nos activités réfléchies, équilibrées, respectueuses des règles morales, dans l’ordre du monde et nous en serons comme récompensés. Et c’est bien le constat que j‘ai fait depuis des années, plus j’avais une vie morale, équilibrée, plus je prenais le temps d’embrasser le monde qui m’entoure, plus l’existence se montrait clémente et généreuse à mon égard. Et, à l’aune de ce que le monde pourrait être, compte tenu de notre possibilité de prendre ainsi en main notre destin, quand on observe tout ce qu’il recèle de déséquilibres, d’inégalités, de déréliction pour certains, d’indifférence pour ses semblables, on mesure l’ampleur du paradoxe qui prétend caractériser comme une civilisation évoluée, un monde qui patauge dans un tel état. Le titre du livre de Russell Means « Mitakuye Oyasin », titre qui reprend la salutation des sioux Lakotas, qui signifie d’abord « au nom de ma parenté » mais dans laquelle le terme « parenté » recouvre l’univers entier, ce titre qu’on a traduit par « Nous sommes tous reliés », résume maintenant toute ma vision globale du monde. Tout est interdépendant, tout est lié. Chacun de nous est lié à tout (à tout : aux autres hommes, aux mondes animal, végétal, et minéral, et même aux vents et aux marées). Au cas où l’on ne serait pas pleinement convaincu, je vais en remettre une couche, la strate décisive de l’anti-
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scepticisme, le mat imparable au jeu d’échecs : je me suis souvent questionné sur le processus pour le moins étrange qui amenait les savants à faire des découvertes capitales simultanément alors qu’ils n’avaient pas les moyens de s’échanger leurs connaissances du fait de la distance géographique les séparant dans les temps anciens. N’y-a-t-il pas là, dans cette « synchronicité » la marque que toutes ces pensées sont reliées, quelque part, d’une certaine façon, dans le processus d’invention de l’inconscient collectif des hommes de science. Nous sommes tous comme interconnectés dans un réseau où se tient tout ce qui existe, en sorte que chacun est affecté par les actions des autres éléments et que toute action d’un élément se répercute dans tous les autres. Un battement d’ailes de papillon et le monde s’en trouve tourneboulé. Ainsi, avec une pensée positive, nous pouvons révolutionner notre univers intérieur.
« Je suis moi-même un grain de sel rédempteur grâce auquel toutes choses se mélangent bien dans le vase de mélange. »34.
Les petits affluents faisant les grosses rivières, il en ira de même pour les changements de notre avenir, c’est la conjonction de micro événements provoqués en toute conscience et lâcher prise qui feront que ces modifications subtiles adviendront et que, par voie de conséquence, nous pourrons influer sur notre ligne de destinée. Les heureuses coïncidences et les surprenantes synchronicités sont les
34. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, III, Les sept sceaux, 4.
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signes révélateurs que l’on est sur la bonne voie, sur le chemin de la pleine sérénité.
La clé du bonheur est dans notre cerveau, ayons des pensées positives et le monde s’en portera d’autant mieux. Cela compris, on en vient à penser aux nombreuses possibilités de bifurcations qui ont jalonné et jalonnent notre arbre de vie, qui se sont offertes et qui s’offrent à nous tout au long de notre existence, on en vient à s’interroger sur ce qu’aurait été cet arbre de destinée si nous avions pris telle ou telle autre décision et sur l’impact que ces autres choix auraient eu sur notre entourage proche et lointain… On en vient à mesurer à quel point nous sommes responsables de l’ordre du monde.
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Mes lectures et surtout mon expérience de vie hors de l’ordinaire qui m’a contraint – mais pas forcé – à me maintenir en marge de notre société depuis une vingtaine d’années m’auront permis de découvrir que l’existence, le monde et par extension l’univers sont bien plus complexes que tout ce que l’on a pu nous faire accroire. Et, pour encore mieux cerner le mystère dont le voile avait ainsi commencé à se déchirer, il me fallait avant toute chose appréhender le monde de manière globale, installer une lentille holistique sur le télescope et le microscope de mes pensées. Aussi, après avoir baladé mon cerveau dans l’univers bicolore du jeu d’échecs, je le mène au quadruple galop depuis plus de cinq ans dans celui de l’infiniment petit avec cette approche holistique, globale, du monde. Approfondissant ce que m’avaient fait découvrir mes lectures sur les sagesses traditionnelles, les très anciennes 130
civilisations, la psychologie jungienne et de fil en aiguille la physique quantique, j’allais, en explorant ce domaine, mieux comprendre pourquoi et comment « nous sommes tous reliés », pourquoi et comment nous avons notre destin en main, pourquoi et comment j’avais pu maîtriser ma destinée par mon travail introspectif, ma volonté inébranlable et ma foi en l’avenir. J’avais découvert au cours de mes lectures qu’un grand rugbyman anglais avait trouvé en l’approche de la physique quantique, la sérénité, l’équanimité qui lui aura permis de terminer sa carrière en apothéose et d’entamer ainsi une reconversion en toute quiétude. Comme par hasard – mais vous commencez à savoir ce que je pense de ces satanés signes du destin – au moment même où je découvrais, par le témoignage de ce rugbyman que l’approche de la physique quantique, sa représentation dans l’inconscient individuel entraîne immanquablement une plus grande ouverture d’esprit et qu’elle peut assurément être une clé vers la sérénité à laquelle aspire tout humain qui se respecte, au même moment donc je tombais sur un livre passionnant écrit par le lama Darjeeling Rinpoché, dont le nom ne pouvait que plaire à l’amateur de thé et autre boissons chaudes que je suis. Ce livre allait m’ouvrir de nouvelles perspectives dans ma vision du monde et de moi-même dans le monde. A la fois moine bouddhiste, philosophe et physicien spécialiste des particules, ce merveilleux penseur, mettant en accord la métaphysique bouddhiste et les théories scientifiques de la mécanique quantique, montre comment la méditation peut nous conduire à l’expérience de la pleine conscience, de la conscience « Ish », c’est-à-dire à l’expérience du « lâcher-prise », de la distanciation, du détachement et nous permettre de changer d’univers,
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d’effectuer un saut quantique dans un autre univers, chaque univers n’étant en définitive qu’informations. Apprendre à lâcher prise telle est la clé de notre bien-être, se détacher du train-train chronophage pour s’ouvrir au moi profond, à cet esprit qui, en chacun de nous, ne demande qu’à émerger tel une force créatrice, mu par les particules élémentaires qui émanent de toutes choses, et pour nous tous, en la circonstance, de nos cerveaux. Plus prosaïquement se fixer des objectifs, des buts, et tout mettre en œuvre pour les atteindre par la volonté de ses pensées. Et toutefois, sans que cela devienne une obsession, simplement pour se forger une obligation morale de tous les instants. Ainsi, une fois les paramètres intégrés et le savant dosage expérimenté en notre âme et pleine conscience, autrement dit une fois trouvé le juste milieu entre la ténacité qu’il faut cultiver et la contrainte qu’il faut éviter, les buts ciblés deviennent des réalités de manière consistante, les bonnes choses arrivent alors aux bonnes personnes, et tôt ou tard, sans que l’on s’y attende bien souvent, on verra ses désirs se réaliser. N’est-ce pas cela la magie de la vie, être surpris et émerveillé sans cesse plutôt que calculer mesquinement et froidement, plutôt que vouloir tout contrôler ou intriguer comme on ne le voit que trop dans les affaires internationales relayées par des médias serviles, pour au final se retrouver dindon de la farce. Tant que l’on ne vivra pas intérieurement ses pensées on ne contrôlera rien du tout. Certes, il y aura toujours des impondérables, mais en revanche une chose est certaine : la vérité finira toujours par triompher. Ainsi en vivant le moment présent en toute conscience et distanciation nous pouvons immanquablement être maitres de notre destin, c’est une loi universelle et nous en retrouvons le témoignage dans de nombreuses sociétés traditionnelles,
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comme dans les sagesses anciennes et les enseignements initiatiques. J’aurai aimé dire au lama Darjeeling que point n’était besoin d’être un spécialiste en Ish conscience cosmique bouddhique, qu’en ce qui me concerne, j’ai démarré l’expérimentation de la cogitation, non pas volontairement, comme l’ami René Descartes, mais à mon insu, dans ma chambre d’hôpital suite à une rupture artérielle et sous la pression sanguine dévastatrice et apocalyptique survenue dans ma tête. Bien modestement, je dois confier que je le rejoins tout-à- fait et que, depuis deux années, lors de mon réveil, mon cerveau me délivre des messages que je me plais à imaginer tout droit venus d’un autre monde informationnel en Quantik- express. Mais pas seulement au réveil car, faut-il vous le rappeler, depuis que mon cerveau m’a obligé à ajouter ce chapitre à mon manuscrit, je vis un véritable enfer de toutes les minutes, de tous les instants avec ce malotrus, ce malappris qui me réveille pour le moindre prétexte, la plus petite pensée et me tient toujours en état d’alerte, comme Pollux à la différence près que je n’aboie pas au premier bruit entendu. Il m’a encore fait vivre une bien étrange et stupéfiante expérience que je m’en vais vous narrer immédiatement. Je viens d’endurer trente-six heures sans sommeil d’intense volcanisme intellectuel, une activité créatrice, un bouillonnement éruptif d’une magnitude inouïe avec plus de dix heures non-stop d’écriture, tapotant compulsivement ce qu’il a chuchoté à mes enclumes et mes marteaux. Je vais finir par me reconvertir en maréchal ferrant. J’ai été saisi, victime consentante, d’une petite musique dans la tête en relisant mon texte, une « scansion » comme disent les poètes. Moi « l’Autodidacte » au tricycle, moi qui
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n’étais que butor dans le monde des belles lettres et des brillants académiciens, je viens de revisiter mon texte en y apposant la ponctuation idoine, accompagné dans la tête du son mélodieux de la voix de Calliope, muse de la poésie. Et le résultat est fantastique ! Il y aurait de quoi tourner en virant de bord à la manière d’un hémiplégique faisant des ronds dans l’eau, mais je veille au grain, maître à bord, je maintiens le cap, à droite, à gauche. Comme si je n’avais pas suffisamment à faire avec cette fripouille de Pollux qui tire sur sa laisse comme un cheval de trait qui voudrait prendre le galop, au risque de me faire choir à tous les coins de rues. Faut-il en plus que mon cerveau s’y mette aussi ? Des merveilleux bienfaits comme ces intuitions à mon réveil ou cette inspiration formidable, je les attribue à mon état d’esprit positif, à ma foi inébranlable en l’avenir, à mon ouverture aux autres, à ma soif intarissable de découverte, à la connaissance de mes cycles de sommeil. Et plus j’avance dans cette connaissance globale de moi et du monde qui m’entoure, plus je suis enclin à cogiter, à prendre du recul pour essayer de toujours mieux appréhender le monde, de me détacher des choses matérielles qui vampirisent bien souvent les esprits, et mieux je me porte (alors que je fume la pipe comme un pompier et que je viens même d’arrêter de fumer quinze jours, juste comme ça, pour me tester, sans avoir ressenti le plus petit symptôme de manque) et mieux mon moral se porte, malgré les temps bien sombres que nous vivons. Tant et si bien que j’en suis arrivé à un cercle vertueux qui s’auto alimente en sorte que, même si j’ai des problèmes au quotidien, je cherche toujours un motif pour minimiser ces désagréments, pour voir si je ne peux pas en tirer avantage selon le principe du Yin et du Yang, selon ma
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théorie de la relativisation, théorie sans cesse améliorée et actualisée au fil du temps qui passe. Il faut se rendre à l’évidence, nous avons tous, en nous même, la solution à bien des problèmes, j’en suis persuadé. Et j’espère vous avoir convaincus que nous sommes tous capables d’être les acteurs conscients de ces miracles du quotidien de notre vie, miracles qui en réalité n’en sont pas puisque, en fait, ils ne sont que les conséquences de nos actions, de notre état d’esprit et qu’il n’y a qu’à se laisser guider tout en prenant du recul sur les événements plutôt que de laisser notre Ego aveugle et démesuré vouloir décider de tout. Certes j’ai la chance d’avoir eu du temps à consacrer à mes réflexions, à mes pensées. Mais le temps est un facteur secondaire. Dans l’immédiat – car à chaque heure suffit sa peine – chacun peut, à sa mesure, prendre conscience de son Moi profond, se réapproprier son monde intérieur, cet univers intime qui ne demande qu’à l’accompagner dans la perspective de son épanouissement personnel et partant collectif. Et c’est là l’important. A l’évocation du temps, mon cerveau se permet une nouvelle fois de prendre la parole pour faire une ultime déclaration à la manière d’une synthèse paradoxale sur le système, sur le principe qui régit notre univers. J’avais décidé de regarder sur Internet la première ronde d’un tournoi international d’échecs et, à cette occasion, il m’en aura fait voir, une fois encore, de toutes les couleurs. Je ne peux, une fois de plus, que constater que ce jeu – ce beaucoup-plus-que-jeu, ce moyen universel d’appréhender les mystères du monde qui m’aura permis de renaître de mon apocalypse cérébrale et de ma léthargie – je ne peux que constater que le jeu d’échecs motive et émeut mon cerveau au plus haut point. C’est ainsi que, pendant que je regardais les 135
parties et que j’écoutais leurs commentaires en anglais, ce dernier me faisait la réflexion, que le temps est le cœur du problème de l’humanité depuis plusieurs siècles. Il me disait qu’à l’époque romantique du jeu d’échecs il n’y avait pas de pendule sur lesquelles les joueurs frappent frénétiquement plus qu’ils n’appuient de nos jours. Ainsi les parties pouvaient s’échelonner sur plusieurs jours, les joueurs et l’humanité prenaient leurs temps, vivaient posément, à leur main et leur train. Cependant, avec l’invention du chemin de fer et les débuts de l’industrialisation, les Anglais ont décidé de chronométrer le temps de jeu pour plus de spectacle à l’époque même où le taylorisme entamait son œuvre d’asser- vissement du prolétariat en minutant à tout va l’activité des malheureux ouvriers. Triste temps que celui où le temps notre allié, notre bien- faiteur, le lieu de la maturation, est devenu un ennemi à éliminer le plus possible. C’est cela que signifie pour moi les célèbres montres molles de Salvador Dali que mon cerveau me mit à cet instant devant les yeux.
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J’ai déjà dit à quel point la pensée de Nietzsche m’accompagne depuis des années. En novembre dernier, Martine m’avait offert pour mon anniversaire les quatre volumes de Lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra écrits par Pierre Héber-Suffrin qui allait devenir mon ami. Son commentaire, tout simplement lumineux, du grand livre de Nietzsche m’a bien aidé à approfondir ses concepts uniques et novateurs et la sagesse de la liberté de pensée qui se dégage de ses aphorismes dont je vais donner quelques échantillons. Je ne peux manquer de rapprocher de mon travail de surpassement de moi-même dont témoigne mon Odyssée 136
avec son concept de « volonté de puissance » qui a été, pire que mal compris, honteusement détourné par des idéologues peu scrupuleux alors qu’il désigne avant tout le dépassement de soi.
« Ce qui est grand chez l’homme, c’est d’être un pont et non un but. »35.
C’est dans les sciences biologiques, en pointe à son époque, que Nietzsche allait chercher des exemples de volonté de puissance et des preuves de l’universalité de cette volonté. Mais j’ai bien l’impression qu’il y a dans son concept de volonté de puissance quelque chose de très comparable à cette idée d’un dynamisme, d’une force créatrice que la science moderne repère dans les particules élémentaires. Aussi ne suis-je pas loin de penser qu’aujour- d’hui, plutôt que dans les sciences de la vie, c’est là, dans la physique quantique, qu’il irait chercher cette volonté de sortir de soi-même qui fait l’homme comme il fait toutes choses et comme il m’a fait surmonter toutes mes douloureuses aventures, tous les avatars de mon Odyssée.
Lui-même d’ailleurs semblait pressentir, bien avant la découverte des quanta, tout ce qu’on peut attendre de la physique. J’en veux pour preuve ces quelques lignes :
« Il faut que nous soyons de ceux qui apprennent et 35. Ainsi parlait Zarathoustra, Prologue, 4.
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découvrent le mieux tout ce qui est loi et nécessité dans le monde : il faut que nous soyons physiciens, […] c’est pourquoi : vive la physique »36.
Il ne me reste plus qu’à proposer à mon ami Pierre Héber- Suffrin un partenariat pour fonder une nouvelle école de psychologie holistique d’inspiration nietzschéenne pour le bien de l’humanité. Je pense vous avoir démontré que c’est imparable, tout comme une attaque de mat au jeu d’échecs.
36. Le gai Savoir, § 335
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Epilogue
A présent que mon témoignage vous a montré que nous étions capables de maîtriser notre destinée, que par l’entremise des particules élémentaires, nous pouvions accomplir des prouesses extraordinaires, quasi miraculeuses, que ce monde de l’infiniment petit est régi par un principe supérieur, le Bien, l’Amour, nous ne nous étonnerons pas si la planète et les hommes qui la peuplent sont dans un tel état de déréliction et de néantisation. C’est que les particules élémentaires sont parties, elles sont inemployées, inscrite au « pôle emploi » de l’«Ailleurs». Nous n’aurons d’autre choix pour les faire revenir «Ici», que de nous retrousser les manches, dans l’espoir certain d’un monde de paix et de bonheur, plutôt que de continuer à nous enfoncer dans l’irréversibilité du chaos. Tous « trois » nous vous souhaitons « Bon vent chers lecteurs !» Je compte trois parce que, depuis dix jours, les particules élémentaires des mânes de Zarathoustra ont surgi dans ma tête pour s’en aller rejoindre mon autre, mon si fidèle et amoché compère Cerveau. Je comprends mieux cette fiesta, cette bacchanale de liberté de pensée que j’ai ressentie tout au long de ces derniers jours et dont je ne fais que récolter les fruits merveilleux. Comme quoi, dans notre monde qui n’aime que l’immédiateté je me contenterais de dire : « Tout vient à point à qui sait attendre. » Tandis que mes désormais deux autres rigolent et se chamaillent…
À coups de marteau ! Je rêve d’un monde où le sable des déserts et les cailloux des montagnes auraient valeur de monnaie d’échange ; utopie d’un doux rêveur quantique à l’atavisme sisyphien ? Contrairement à Zarathoustra qui s’évertuait à prêcher dans le vide du désert, je me contenterais de laisser un témoignage à la manière d’un passeur de lumière, mon témoignage d’espoir, pour dire que sur cette satanée, mais ô combien merveilleuse planète, vivait un homme à l’esprit libre comme le vent et qu’il aura fait de sa vie, par-delà bien et mal mais avec la complicité de ses particules élémentaires, une incroyable et extraordinaire odyssée. Le 1er mai 2015
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Post odysseam
Je viens de passer six mois vraiment très éprouvants. Les plus durs moralement depuis bien longtemps, avec un déménagement toujours à Saint-Jean-cap-Ferrat en juin 2015, qui nous aura littéralement épuisés, laissés sur les rotules (j’aurais perdu deux crans de ceinture avec désormais des abdos en béton désarmé) et avec toutes sortes d’autres ennuis, je crois bien que j’ai accumulé durant cette période toute la collection, la panoplie complète. Je me suis même payé le luxe de contracter ma première infection urinaire causée par le stress. J’en fus traumatisé au début, je croyais bien que c’était la prostate, tourneboulé à un point tel que j’ai déambulé dans les rues pendant une semaine avec les protège-slips de Martine. Durant tous ces mois, je titubais, je trébuchais mais je ne tombais point, à la manière d’un Sisyphe Culbuto, compartimentant mon cerveau face à l’urgence de la situation, parant au plus pressé, réglant un à un, au fur et à mesure qu’ils se posaient, les problèmes, moi procrastinateur administratif devant l’éternel et à tout le moins devant Zarathoustra en la circonstance. J’étais porté par un sentiment de révolte justicière face à l’injustice de notre monde avec cette sensation que rien ne pouvait m’arrêter, m’arriver, car j’étais dans le vrai. Je m’appropriais plus que jamais l’aphorisme nietzschéen : « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort ! » Une nouvelle fois, aussi étrange et paradoxal que cela puisse paraître, je me suis rendu compte que plus je faisais le bien autour de moi, plus je me colletais aux difficultés de la vie plutôt que de les éviter ou de les fuir par confort et
pusillanimité, plus le destin se montrait généreux et clément à mon égard. Je peux désormais vous confier avec certitude avoir percé les secrets de ma vie, de mon existence et je mène ma barque par-delà bien et mal, à la rencontre de mon merveilleux destin.
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Samedi 26 septembre 2015. J’ouvre ma boîte mail. p …@…??? Pierre Héber-Suffrin ! L’auteur de Lecture d’Ainsi parlait Zarathoustra en personne. Il m’écrit après que, dans le but de lui rendre hommage, j’ai envoyé par courriel le manuscrit de mon Odyssée à son éditeur qui le lui a transmis. Il me fait l’immense honneur et l’amitié de s’intéresser à mon histoire alors que depuis deux années, faisant et défaisant la trame de mon texte, l’améliorant sans cesse, je navigue à vue, par-delà bien et mal, en capitaine solitaire, la main crispée sur ma rame – ma souris – qui à coup de virgules et de points d’exclamation, de suspension, d’interrogation et de saut de paragraphes, impose à mon texte cette scansion que mes particules élémentaires ont fait jaillir un beau matin. Cette Odyssée extraordinaire, inouïe, je l’ai constamment présente à l’esprit, devant moi, Sisyphe poussant son caillou depuis tout ce temps, je l’ai au tréfonds de mon être, au plus profond de mes tripes, je la transbahute de toute mon âme… J’avais le projet un peu fou, le dessein secret de mener à bien mon projet d’édition, j’essayais de le conduire à bon port, sans repères, ni amers, avec pour seules aides, mon astrolabe coauteur et mon sémaphore nietzschéen qui viennent me
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chuchoter à l’oreille régulièrement des améliorations, des modifications, et des enjolivures littéraires. Je me sentais bien seul malgré tout, mais je persévérais, ayant foi en mon avenir. Alors cette coïncidence, cette irruption inopinée et une fois encore un brin synchronique d’un regard bienveillant sur mon texte… Ne seraient-ce pas les mânes de Zarathoustra qui seraient venues faire un joli clin d’œil à mon incroyable destinée ? Je sais pertinemment qu’il faut garder la tête froide, que les éditeurs ont des impératifs que la raison des apprentis auteurs ignore, cependant et à n’en point douter, cette rencontre me permettra d’avoir l’avis éclairé et de bénéficier des conseils précieux et avisés d’un philosophe écrivain, ce qui est inestimable somme toute, car, faut-il vous le rappeler chers lecteurs, je suis bien décidé à délivrer mon message d’espoir à une humanité qui en a plus que jamais besoin. Aidons-nous et nos particules élémentaires qui s’occupent d’explorer inlassablement l’univers des possibles en une merveilleuse synchronicité, se chargeront du reste.
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Quand je vous disais que l’odyssée d’Ulysse semble presque insignifiante au regard de mes pérégrinations psychologiques et physiques37. Cette odyssée sisyphienne que je viens de vous narrer, sisyphienne car la vie n’est au final qu’un éternel recommencement, cette vie que j’aurais empoignée à bras-le- corps et sur laquelle j’aurais réussi à influer avec la complicité de mes pensées, n’est qu’un exemple de ce que vous pouvez tous réaliser, vous qui me lisez : être les acteurs
37. Est-il besoin de préciser que je parle de mes aventures ? Je ne parle pas du livre d’Homère, je ne suis pas mégalo.
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conscients de votre existence. Je tenais absolument à vous en laisser le témoignage. Rétrospectivement, si je déroule le fil de ma vie, si je démêle l’écheveau de mon existence, par-delà bien et mal, par-delà immenses joies, bonheurs et abominables souffrances, eh bien, je ne suis pas loin de me rallier à la pensée du philosophe au marteau et de répéter après lui :
« Etait-ce cela – la vie ? » dirai-je à la mort. « Fort bien ! Encore une fois ! » »38.
Oui, si j’avais le choix, j’en reprendrais bien une plâtrée, une ventrée, de cette même chipie d’existence. Et même si elle devait se répéter une infinité de fois, comme le veut l’hypothèse nietzschéenne de l’éternel retour, là encore je serai prêt à recommencer ; à la condition de pouvoir aimer passionnément comme j’ai pu le faire jusqu’à présent, car, abstraction faite de toutes considérations philosophiques, religieuses ou athées, il n’y a que l’amour qui puisse sauver l’humanité.

Si vous avez jamais dit « oui » à un plaisir, ô mes amis, alors vous avez en même temps dit « oui » à toute douleur. Toutes choses sont enchaînées, enchevêtrées, liées par l’amour –
Si vous avez jamais voulu qu’une fois fût deux fois, si vous avez jamais dit : « Tu me plais, bonheur ! moment ! instant ! », alors vous avez voulu que tout revienne ! – tout de nouveau, tout éternellement, tout enchaîné, tout enchevêtré, tout lié par l’amour »39.38. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, IV, Le chant du noctambule,
39. Le chant du noctambule, 10.
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Paradoxal Système !

Paradoxal Système !

Dernièrement je me livrais à des considérations avec une amie, ce qui a eu pour conséquence dans mon esprit une plus fine compréhension de la psychologie des hommes.

Je regardais il y a quelques temps plusieurs vidéos d’un intellectuel brillant, mais trop engoncé dans son marxisme intégral et sa dialectique indigeste, tant et si bien qu’à la longue, on aurait dit un robot étant passé par une lessiveuse de cerveau, à ce propos, je pense à cette scène du film les sous doués où l’acteur Daniel Auteuil passe dans la machine à bourre-pif pour ingurgiter ses leçons !

Je trouvais son discours séduisant, mais il y avait quelque chose qui me chaffouinait « aux encoignures », qui me mettait mal à mon aise, et plus que tout, j’avais un argument contradictoire que je n’arrivais pas à exprimer mais que je sentais prêt cependant à émerger de mon inconscient.

Je viens de mettre les mots sur ces pensées enfouies qui ont subitement fait irruption par la grâce du lâcher prise et de ma cogitation introspective…

Ma théorie du tout !

Depuis plusieurs années j’ai une approche globale de l’existence, et dans mon cerveau se côtoient et cohabitent aussi bien les sagesses anciennes que des notions de physique quantique !

J’en suis arrivé à la conclusion que la majorité des hommes se fourvoient dans leur approche du monde, car celui-ci n’est que dualisme !

Un monde où le bien côtoie le mal, où tout ce qui est en haut est en bas pour faire les miracles d’une seule chose comme l’aurait dit Hermès Trismégiste le père de l’alchimie, et où le macroscopique tout comme le microscopique sont intrinsèquement liés par les particules élémentaires à l’origine de toute matière, il nous faut donc cultiver le collectif et l’individuel de notre Moi profond pour atteindre notre pleine Humanité, contrairement aux communistes et aux anarchistes pour qui le seul collectif importe, au passage et de toute évidence, les idéologues communistes ne se seraient-ils pas passés le mot avec leurs antagonistes capitalistes pour avoir une emprise totale sur la communauté des vivants ?

J’ai l’habitude de dire que nos hommes politiques feraient mieux de rebrancher les câbles de leurs connexions neuronales, car de toute évidence, leurs cerveaux tournent sur deux pistons, mais les idéologues feraient mieux d’en faire tout autant parce que leurs calebasses moulinent à la manière d’ hémiplégiques faisant des ronds dans l’eau… ( Auto et moto-dérision !)

Car c’est le propre de toutes les idéologies que de s’insinuer par la contrainte ou par la ruse sophistique dans les esprits en regard de notre système éducatif de dressage à la servitude volontaire, alors qu’en changeant de paradigme, les hommes se rendraient compte qu’ils ont la solution à bien des problèmes…

Ceci étant dit, l’anarchie telle que la professait Pierre Kropoktine avec son merveilleux livre « l’entraide» est encore la plus séduisante et la plus viable des solutions.

Je vais pousser l’aporie et l’ oxymore à son paroxysme et imaginer un principe d’anarchisme spirituel sans dieu ni maître, l’ami Nietzsche en donnerait des coups de marteau dans sa tombe à n’en point douter !

« L’univers, qui contrôle toute vie, a un équilibre féminin et masculin, prédominant sur notre terre mère sacrée. Cet équilibre doit être connu et devenir un facteur déterminant de toutes les décisions, qu’elles soient spirituelles, sociales, médicales, éducationnelles ou économiques. Une fois que l’équilibre fait partie intégrante de notre vie, toute action et ses conséquences s’inscrivent dans un parcours où les buts que l’on s’est fixés deviennent une réalité et une suite logique. Les bonnes choses arrivent aux bonnes personnes. Souvenez-vous que le temps est de votre côté. » – Russell Means (1939 – 2012)

Cette très belle explication m’avait mis sur la voie, du temps où je me posais de nombreuses questions sur les innombrables coïncidences et synchronicités qui se jouaient de moi, en même temps que je découvrais les travaux de C G Jung, pour de fil en aiguille en arriver à une approche de la physique quantique !

Il ne faudrait pas oublier le rôle fondamental de notre sommeil dont les chercheurs minimisent la fonction, la nuit portant conseil, nous sommes connectés à notre Moi profond, siège de la pensée, qui selon certains se trouverait dans l’au-delà, notre cerveau ne jouerait le rôle que d’une antenne relai.

Par delà le bien et le mal, connaissons-nous nous mêmes et entraidons-nous les uns les autres, nos particules élémentaires associées à nos pensées s’occuperont du reste…

 

Patrice

Bienvenue sur mon blog !

Bonjour,

J’ai décidé de créer ce blog pour partager Mon Odyssée sous le soleil de Zarathoustra dont je mettrais un lien dans le prochain post, ainsi que des réflexions psychologico-philosophiques sur notre monde de moins en moins sérieux !

Bonne lecture et au plaisir d’échanger avec vous.

Patrice

P.S.. J’avais créé un blog où je reprends des articles d’analyses de l’actualité en musique, je veux parler du Jazz, une passion chronophage !

Vous en trouverez le lien ci-dessous :

https://plus.google.com/+PatriceSanchezmonodyss%C3%A9esouslesoleildezarathoustra/posts